Lorsque j’ai commencé à approfondir ma réflexion sur l’habitat, je me suis intéressée à différentes approches permettant de regarder un intérieur autrement que par sa seule esthétique.
C’est dans cette démarche que je me suis formée au Feng Shui traditionnel et au Feng Shui occidental.
Le Feng Shui propose une lecture particulière de l’espace, fondée notamment sur son organisation, les circulations, les orientations, l’équilibre entre différentes qualités d’ambiance et les relations entre les éléments qui le composent.
Je ne l’utilise pas comme une série de règles à appliquer mécaniquement à chaque intérieur.
Il constitue plutôt une grille de lecture complémentaire qui peut enrichir certaines décisions d’aménagement et de décoration lorsque cela est pertinent pour le projet.
Issu de la tradition chinoise, le Feng Shui s’intéresse à la manière dont un lieu est organisé et aux relations qui s’établissent entre ses différentes composantes.
Son approche repose notamment sur plusieurs notions : le Chi, le Yin et le Yang, les cinq éléments et, selon les écoles, le Pakua ou Bagua.
Ces principes peuvent conduire à observer un intérieur sous différents angles :
la manière dont on y circule ;
la position du mobilier ;
les orientations ;
la relation entre les différentes zones ;
la répartition des ambiances plus calmes ou plus actives ;
ou encore l’équilibre entre les couleurs, les formes et les matières.
Le Feng Shui apporte ainsi une grille supplémentaire pour questionner l’organisation d’un lieu et les choix qui y sont faits.
Dans la pensée Feng Shui, le Chi désigne l’énergie qui circule dans l’environnement.
Appliquée à l’aménagement intérieur, cette notion invite notamment à porter attention aux cheminements et à la manière dont l’espace se découvre et se traverse.
Une entrée encombrée.
Un meuble qui coupe un passage.
Une circulation qui bute constamment sur un obstacle.
Un espace dans lequel le regard ne trouve aucun point où se poser.
Ces situations peuvent ainsi être interrogées à travers la grille du Feng Shui.
Dans ma pratique d’architecte d’intérieur, cette lecture vient compléter d’autres questions très concrètes liées aux usages, aux déplacements et à la perception de l’espace.
Les approches sont différentes. Elles peuvent parfois conduire à observer les mêmes endroits sous des angles différents.
Le Feng Shui distingue traditionnellement deux principes complémentaires : le Yin et le Yang.
Plutôt que de chercher une répartition mathématique entre les deux, je trouve cette notion intéressante pour questionner la qualité d’ambiance dont un espace a besoin.
Une chambre n’appelle pas nécessairement la même dynamique qu’une cuisine.
Un espace destiné au repos ne se pense pas exactement comme un lieu de passage ou de convivialité.
Et une même pièce peut avoir besoin de faire cohabiter plusieurs qualités d’ambiance.
Cette lecture permet de s’interroger sur l’équilibre entre calme et activité, ouverture et retrait, lumière et zones plus enveloppantes.

Le Feng Shui s’appuie également sur cinq éléments : le Bois, le Feu, la Terre, le Métal et l’Eau.
Chacun est traditionnellement associé à certaines couleurs, formes, matières et qualités.
Je ne m’en sers pas pour décider qu’une pièce doit absolument contenir telle couleur ou tel matériau.
Ils peuvent en revanche constituer une grille de lecture de l’équilibre d’une composition.
Une pièce très minérale.
Un intérieur dominé par des matières froides.
Une ambiance dans laquelle une famille de formes ou de couleurs prend énormément de place.
Les cinq éléments offrent alors une autre manière d’interroger les relations entre les différentes composantes du décor.
Et cette lecture vient naturellement rencontrer mon travail sur les couleurs, les matières et l’atmosphère générale d’un intérieur.
Le Feng Shui accorde une attention particulière à la position de certains meubles importants, notamment le lit, le bureau ou les assises.
La question n’est donc pas uniquement :
« Où ce meuble rentre-t-il ? »
Elle peut aussi devenir :
« Quelle relation cette position crée-t-elle avec le reste de la pièce ? »
Que voit-on lorsque l’on est installé ?
Quelle relation entretient-on avec la porte, les ouvertures ou les circulations ?
Est-on au milieu d’un passage ?
Le meuble donne-t-il suffisamment de structure à la fonction qu’il accueille ?
Ce sont des questions que je peux également rencontrer en architecture intérieure.
Le Feng Shui leur apporte simplement sa propre grille de lecture.
Le Pakua, ou Bagua, est un outil utilisé dans certaines approches du Feng Shui pour mettre en relation différentes zones d’un lieu avec différents domaines de la vie.
Nous entrons ici dans une dimension plus symbolique du Feng Shui.
Et je trouve important de la présenter comme telle.
Selon le type de Feng Shui utilisé, son application et son interprétation peuvent différer.
Cette lecture peut être intéressante pour les personnes sensibles à cette approche et souhaitant l’intégrer à leur réflexion sur leur intérieur.
Elle n’a cependant pas vocation à déterminer à elle seule l’organisation d’un projet d’architecture intérieure.
Les usages réels, les contraintes du bâtiment, les circulations, les besoins des habitants et la cohérence globale du projet restent essentiels.
Je ne conçois pas un intérieur en essayant de faire entrer ses habitants dans une série de règles Feng Shui.
Et je ne considère pas non plus qu’un projet réussi doive nécessairement répondre à tous ses principes.
Ma formation au Feng Shui traditionnel et occidental fait partie des connaissances qui ont enrichi ma manière d’observer un lieu et de questionner certaines décisions.
Selon le projet, elle peut m’amener à regarder différemment :
la circulation dans une pièce ;
la position d’un lit, d’un bureau ou d’un canapé ;
la relation entre les espaces ;
l’équilibre des formes, des matières et des couleurs ;
les orientations ;
ou certaines qualités d’ambiance.
Ces observations sont ensuite confrontées à tout ce qui fait réellement le projet : vos usages, vos besoins, l’architecture existante, les contraintes techniques et les choix déjà effectués.
Le Feng Shui devient ainsi une ressource parmi les différentes expertises que je peux mobiliser.
Pas une recette à appliquer. Une autre manière de questionner l’espace.
Ce que je retiens avant tout du Feng Shui, ce n’est pas une liste de règles auxquelles un intérieur devrait se conformer.
C’est une autre manière de regarder un lieu.
Observer les circulations.
Questionner la position du mobilier.
S’interroger sur les relations entre les différentes zones.
Regarder comment les formes, les matières, les couleurs et les ambiances dialoguent entre elles.
Le Feng Shui peut ainsi apporter un éclairage complémentaire à certaines décisions d’aménagement et de décoration.
Je le confronte toujours à la réalité du projet : votre manière de vivre, vos besoins, l’architecture existante, les contraintes techniques et la cohérence de l’ensemble.
Car un principe Feng Shui n’a pas vocation, dans mon travail, à prendre le pas sur tout le reste.
Il peut ouvrir une piste, attirer mon attention sur un point ou enrichir une réflexion.
La décision, elle, appartient toujours au projet dans sa globalité.
Découvrez comment je peux vous accompagner pour concevoir un intérieur pensé pour vous et votre manière de vivre.
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